Chaque 1er Décembre depuis 20 ans, le monde se mobilise pour lutter contre le Sida. Bien entendu, une journée ne suffit pas. Toute l’année, spécialistes, scientifiques, ONG, malades se battent pour vaincre ce qui est devenu le Cancer du monde. Le 25 Novembre dernier a été présenté à Paris un rapport de l’Unicef préparé avec l’Onusida, l’Organisation mondiale de la santé et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). Ce rapport rend compte des progrès incontestables mais aussi et surtout des situations dramatiques.
Les mauvais chiffres.
De plus en plus de femmes enceintes ont accès et recours à des services de prévention concernant la transmission du virus HIV envers leurs bébés. Mais cela ne fait en rien reculer le chiffre des enfants contaminés, au contraire ! Le nombre d’enfants malades traités dans les pays intermédiaires et en voie de développement est passé de 75.000 en 2005 à 200.000 en 2007 ! Soit 125.000 enfants malades de plus en seulement deux ans !
Environ 2 millions d’enfants de moins de 15 ans vivent avec le virus du Sida. L’an dernier, 370.000 enfants ont été contaminés, 270.000 en sont morts. Seulement 18% des femmes enceintes vivant dans les pays à revenus faibles et intermédiaires ont suivi un test de dépistage ! Le rapport note également les jeunes de 15 à 24 ans représentent 45% de tous les nouveaux cas enregistrés.
Le cas tragique des enfants.
Un nombre considérable d’enfants continuent de contracter le virus du sida. Le cas des nourrissons séropositifs est particulièrement tragique. Si on leur administre des anti-rétroviraux dans les 12 premières semaines de vie, leur taux de survie augmente de 75%, selon une étude menée en Afrique du Sud. Or le rapport de l’Unicef affirme que l’année dernière : « seul 8% des enfants nés de mères séropositives ont subi un test avant l’âge de deux mois ». Ce qui signifie des nourrissons meurent avant même qu’un diagnostic soit établi.
L’âge moyen auquel les enfants séropositifs commencent un traitement se situe entre 5 et 9 ans. Le Dr Eric Mercier, responsable Unicef des programmes VIH/sida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a précisé devant la presse que lorsque des enfants sont atteints du Sida et qu’ils n’ont pas de traitement approprié, la moitié d’entre eux mourra d’une cause liée au virus avant l’âge de 2 ans !
Des associations dénoncent des coupes budgétaires.
Plusieurs associations de lutte contre le sida, ont dénoncé mardi à Paris des coupes budgétaires qui seraient imposées par les pays riches au sein du Fonds mondial de la lutte contre le sida et tout ceci au nom de la crise financière. Dans un communiqué, les associations écrivent : « Le 8 novembre, le Conseil d’administration du Fonds mondial a annoncé des coupes sombres de 25 % dans les budgets des programmes Sida des pays pauvres, utilisant la crise financière pour les justifier ». Le Fonds, de son côté dément catégoriquement cette rumeur.
Dans un document distribué à cette occasion, les associations affirment que cette réduction de 10 % du budget sur la première phase des programmes de soins et de 25 % sur la deuxième phase reviendrait à priver au moins 75.000 malades de traitements dès 2009. Au Mali, le Dr Bintou Dembele, de l’association ‘ARCADSIDA qui prend en charge des malades du Sida explique que : « Les programmes de prévention de transmission vers l’enfant ne seront plus possibles parce que ce sont les plus difficiles à soutenir financièrement ».
Triste conclusion.
Dans le monde, 1 personne meurt toutes les 10 secondes du Sida. Ce fléau découvert il y a 25 ans existe toujours bel et bien. Il est malheureusement loin d’être éradiqué. Les populations les plus touchées sont les plus pauvres. Le continent Africain représente 70 % de la population atteinte du VIH dans le monde. Mais l’Asie risque de rejoindre ce triste sort. Chaque année, elle enregistre le plus fort taux de contamination.
