Hier soir, la police zimbabwéenne a mené un raid contre des bureaux de l’opposition dans un hôtel de Harare. Durant ce raid, plusieurs journalistes étrangers, tous envoyés par leur rédaction pour couvrir les élections ont été arrêtés. Le New York Times a annoncé l’arrestation de son envoyé spécial Barry Bearak. Le directeur de la rédaction a tenu a dire que cet envoyé spécial était: « un professionnel expérimenté et respecté qui a été en reportage dans de nombreux endroits». Le journaliste est aussi très connu pour avoir gagné le prix Pulitzer en 2002 pour sa couverture profondément émouvante de la vie quotidienne des habitants dans un Afghanistan dévasté par la guerre. Les identités des autres journalistes détenus par les autorités zimbabwéennes ne sont pas encore connues.
Des explications floues.
Correspondant du Times basé à Johannesburg, Barry Bearak a été placé en garde à vue aujourd’hui à Harare. Bill Keller, le directeur de la rédaction du NY Times a indiqué qu’un responsable de l’ambassade américaine avait rendu visite au journaliste au commissariat central et a précisé les motifs de son arrestation : « violation des règles journalistiques ». Un représentant des forces de l’Ordres du Zimbabwe a quant à lui déclaré qu’ils avaient arrêté deux reporters à l’Hôtel York Lodge pour avoir « pratiqué » du journalisme « sans accréditation ». Une justification qui semble assez floue aux vues des faits : selon des témoins, des policiers anti-émeutes armés et des agents des services secrets sont entrés dans l’hôtel où séjournaient les deux journalistes.
Une répression dénoncée.
Un haut responsable politique du Zimbabwe, membre du MDC (Mouvement pour le Changement Démocratique) parle, lui, d’un début de répression. Joel Simon, directeur du CPJ (Comité pour la Protection des Journalistes), une ONG de défense de la liberté de la presse, a exprimé sa préoccupation quant à ces arrestations : « Au vu de la situation politique, il est impératif que tous les journalistes, locaux et étrangers, soient autorisés à travailler librement. Nous appelons les autorités à libérer immédiatement tous les journalistes actuellement détenus».