Le géant russe Gazprom a réduit dès ce matin 25% de ses livraisons de gaz vers l’Ukraine, laissant planer le risque d’une nouvelle « guerre du gaz » et ceci au moment même où son patron Dmitri Medvedev est élu Président en Russie. Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a vivement réagit à ce « coup d’éclat » venant de la Russie en plaidant pour des « négociations dynamiques » avec le géant gazier afin d’éviter une future « guerre du gaz ». C’est la seconde fois que Gazprom ferme partiellement ses vannes à l’Ukraine. La précédente crise remonte à janvier 2006. La Commission européenne, elle, exhorte les deux pays à trouver le plus tôt possible un accord définitif pour régler cette question. Gazprom a fait savoir qu’il poursuivrait les négociations avec la partie ukrainienne.
Conflit financier.
La coupure de gaz est la conséquence de l’échec des négociations qui se sont déroulées par intermittence tout au long du mois de février dernier par le Premier ministre ukrainien Mme Ioulia Timochenko. Depuis la révolution Orange de 2004, les relations russo-ukrainiennes se trouvent véritablement tendues. Au cœur des tensions : un conflit financier. Gazprom réclame la somme de 600 millions de dollars aux Ukrainiens. La partie ukrainienne, de son côté, a fait savoir la semaine dernière qu’elle avait réglé la somme correspondant aux années 2006 et 2007, soit plus de 700 millions de dollars. Le Premier vice-premier ministre ukrainien Alexandre Tourtchinov a quant à lui accusé le géant gazier russe de ne pas avoir payé le transit du gaz russe via le territoire ukrainien depuis le mois de décembre 2007. Leur schéma de livraison étant très opaque et les parties n’ayant pas réussi à ce mettre d’accord sur un nouveau contrat, le porte parole de Gazprom Sergueï Kouprianov s’est justifié en expliquant que l’ukrainien Naftogaz n’émettait pas de factures pour le transit du gaz russe via l’Ukraine et qu’en vertu de ce contrat, le groupe russe ne pouvait pas effectuer le paiement !
Dmitri Medvedev …
La « fermeture du robinet » vers l’Ukraine intervient au moment même où Dmitri Medvedev, patron du géant gazier, est élu à la Présidence Russe. Ce dernier devrait céder son siège chez Gazprom pour succéder à Vladimir Poutine début Mai. Les analystes jugent que le jeu des chaises musicales ne perturbera en aucun cas la stratégie commerciale de Gazprom et encore moins la ligne politique Russe.